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Parler du consentement avec les enfants et les ados

Le consentement commence bien avant les relations sexuelles. Il commence quand un tout-petit apprend que son corps lui appartient, et il grandit avec l’enfant jusqu’à ce que l’ado sache demander, dire non et respecter un non.

Contenu révisé en septembre 2026

Pourquoi commencer tôt

Parler du consentement avec de jeunes enfants, ce n’est pas parler de sexualité. C’est parler d’autonomie corporelle, de respect et de confiance : mon corps m’appartient, le corps des autres leur appartient, et je peux toujours me confier aux adultes en qui j’ai confiance.

Les enfants qui ont les mots et l’assurance nécessaires pour parler de leur corps peuvent plus facilement reconnaître quand quelque chose ne va pas, et en parler à quelqu’un.

Vous n’avez pas besoin de tout dire en une seule grande discussion. De nombreuses petites conversations de tous les jours fonctionnent mieux.

Âge par âge

  1. 2 à 5Âge préscolaire

    • Utilisez les noms exacts des parties du corps, y compris des parties intimes, pour que les enfants puissent parler clairement de leur corps.
    • Apprenez-leur que leur corps leur appartient. Ils peuvent refuser les câlins et les bisous, même de la part de membres de la famille, et proposer plutôt de faire un signe de la main ou de se taper dans la main.
    • Montrez l’exemple en demandant : Est-ce que je peux te prendre dans mes bras? Veux-tu un câlin?
    • Expliquez la différence entre les surprises, qui sont amusantes et que tout le monde découvre bientôt, et les secrets. Personne ne devrait leur demander de garder le secret sur un toucher.
  2. 6 à 9Premières années d’école

    • Parlez de l’espace personnel et de l’importance de respecter le non des autres enfants, y compris pendant les jeux brusques et les chatouilles.
    • Aidez-les à nommer les adultes de confiance vers qui ils peuvent se tourner.
    • Assurez-vous qu’ils savent que ce n’est jamais leur faute si quelqu’un les touche d’une façon qui n’est pas correcte, et qu’ils n’auront pas d’ennuis s’ils en parlent.
    • Commencez à établir des règles simples pour Internet : demander la permission avant de partager des photos de qui que ce soit, et en parler à une personne adulte si quelque chose en ligne les met mal à l’aise.
  3. 10 à 12Préadolescence

    • Parlez de la puberté, des béguins et des amitiés qui changent.
    • Expliquez que la pression, qu’elle vienne de leurs camarades ou de n’importe qui d’autre, ce n’est pas du consentement.
    • Parlez des images : ne jamais prendre ni partager de photos d’autres personnes sans leur permission, et ne jamais transférer une photo de nu, même pour rire.
    • Exercez-vous avec eux à dire non et à quitter une situation. Convenez d’un mot de code qu’ils peuvent vous texter pour que vous veniez les chercher, sans poser de questions.
    • Parlez des personnes qui, en ligne, leur demandent de garder leur amitié secrète.
  4. 13 à 15Début de l’adolescence

    • Parlez des relations saines : le respect, l’égalité, la confiance et la possibilité de dire non sans avoir peur.
    • Expliquez les règles de base sur l’âge du consentement.
    • Parlez de la pression pour envoyer des photos de nu, et de la sextorsion, c’est-à-dire quand quelqu’un menace de partager des images à moins d’obtenir d’autres images ou de l’argent. Dites-leur qu’ils peuvent toujours venir vous en parler, et qu’ils n’auront pas d’ennuis.
    • Parlez de l’alcool et des drogues, et expliquez pourquoi une personne très ivre ne peut pas consentir.
    • Encouragez-les à veiller sur leur entourage et à intervenir en toute sécurité.
  5. 16 et 17Fin de l’adolescence

    • Parlez du consentement en détail : il doit être donné librement, être clair, précis et continu, et il peut être retiré à tout moment.
    • Expliquez qu’à 16 et 17 ans, ils ne peuvent pas légalement consentir à une activité sexuelle avec une personne qui est en situation d’autorité ou de confiance envers eux, dont ils dépendent, ou avec qui ils ont une relation où il y a exploitation.
    • Parlez de la loi sur les images intimes, y compris les images truquées et celles générées par l’intelligence artificielle (IA), et du tort que cause leur partage.
    • Parlez de ce qu’il faut faire si une amie ou un ami leur confie qu’il lui est arrivé quelque chose.
    • Gardez la porte ouverte : Tu peux toujours m’en parler, même si tu penses que je vais mal le prendre.

Comment en parler

  • Profitez des moments du quotidien : une scène dans une émission, un fait d’actualité, une question posée dans l’auto.
  • Faites court et restez calme. Plusieurs petites discussions valent mieux qu’un long sermon.
  • Répondez honnêtement, à leur niveau. Vous pouvez très bien dire : Je ne sais pas. On va chercher la réponse ensemble.
  • Écoutez plus que vous ne parlez, et demandez-leur ce qu’ils en pensent.
  • Montrez l’exemple : demandez avant de faire un câlin, et respectez leur non.

Signes que quelque chose ne va peut-être pas

Les enfants le disent rarement directement. Soyez donc à l’affût des changements.

  • des changements soudains dans l’humeur, le sommeil, l’alimentation ou le travail scolaire
  • la peur d’une personne ou d’un endroit en particulier, ou la réticence à se retrouver en tête-à-tête avec quelqu’un
  • un retour à des comportements d’un plus jeune âge, comme recommencer à faire pipi au lit
  • des connaissances ou des comportements sexuels inhabituels pour l’âge de l’enfant
  • une personne plus âgée, adulte ou adolescente, qui accorde à l’enfant une attention particulière ou lui fait des cadeaux, cherche à être seule avec l’enfant ou lui demande de garder des secrets
  • une utilisation secrète du cellulaire ou d’Internet, ou de nouvelles applications et de nouveaux contacts que l’enfant cache

Ces signes ne sont pas une preuve de maltraitance, mais ils sont une raison d’aller vers l’enfant, avec douceur et calme, pour savoir comment ça va.

Si votre enfant se confie à vous

  • Restez calme. Votre réaction lui montre si c’était sans danger de vous en parler.
  • Croyez votre enfant, et dites-lui que c’était la bonne chose à faire.
  • N’insistez pas pour avoir des détails et ne posez pas de questions qui suggèrent une réponse. Laissez ce rôle à des personnes formées pour cela.
  • Dites-lui que ce n’est pas sa faute.
  • Protégez votre enfant de la personne en cause.
  • Signalez la situation à la police ou au service de protection de l’enfance de votre région. À bien des endroits, la loi exige un signalement aux services de protection de l’enfance, surtout si la personne qui a fait du mal à votre enfant en a la garde ou si vous ne pouvez pas protéger votre enfant contre elle. En cas de doute, appelez le service pour vous renseigner.
  • Allez chercher du soutien pour vous aussi.

Pour obtenir de l’aide en cas de partage d’images ou d’exploitation en ligne, AidezMoiSVP.ca soutient les jeunes dont des images ont été partagées, Cyberaide.ca reçoit les signalements et ParentsCyberAvertis.ca offre aux parents des guides sur la sécurité en ligne. Les jeunes peuvent joindre Jeunesse, J’écoute 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 1 800 668-6868, ou en textant PARLER au 686868.

Sources

  1. Code criminel, article 150.1 : Âge du consentement et exceptions fondées sur la proximité d’âge. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  2. Code criminel, article 153 : Exploitation sexuelle d’un adolescent. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  3. Âge du consentement aux activités sexuelles : foire aux questions. Ministère de la Justice Canada.
  4. Code criminel, article 162.1 : Publication non consensuelle d’une image intime. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  5. Canada’s child protection laws: 2023 cross-jurisdictional review, executive summary (version anglaise). Santé Canada.
  6. Duty to report child sexual abuse, by province and territory, à jour en avril 2020 (en anglais). Centre canadien de protection de l’enfance (Cybertip.ca).
  7. AidezMoiSVP.ca : de l’aide quand une image sexuelle d’une personne mineure a été partagée. Centre canadien de protection de l’enfance.
  8. Cyberaide.ca : la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Centre canadien de protection de l’enfance.
  9. ParentsCyberAvertis.ca : la sécurité en ligne, pour les parents. Centre canadien de protection de l’enfance.
  10. Jeunesse, J’écoute. Jeunesse, J’écoute.

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