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Mythes et réalités

Les mythes sur la violence sexuelle façonnent la réaction des gens quand quelqu’un leur confie ce qui s’est passé. Ils influencent aussi les attentes des personnes survivantes : seront-elles crues ou non? Voici ce que disent réellement la loi et la recherche.

Contenu révisé en septembre 2026

MytheSi la personne n’a pas dit non, c’est qu’il y avait consentement.
Réalité

Le consentement est un accord volontaire, exprimé par des paroles ou des gestes. Le silence, la passivité et l’absence de résistance ne constituent pas un consentement. La Cour suprême du Canada a statué que le consentement tacite n’existe pas.

MytheSi la personne ne s’est pas défendue, c’est qu’elle le voulait.
Réalité

Beaucoup de personnes restent figées quand elles ont peur ou se sentent dépassées. C’est une réaction courante et automatique face à une menace, pas un signe d’accord. Selon le Code criminel, il n’y a pas de consentement quand une personne se soumet ou ne résiste pas en raison de l’emploi de la force, de menaces ou de la crainte que la force soit employée, de la fraude ou de l’autorité que quelqu’un exerce sur elle.

MytheLa plupart des agressions sexuelles sont commises par des personnes inconnues.
Réalité

Selon l’enquête de 2025 de Statistique Canada, environ 3 personnes sur 4 agressées sexuellement au cours de la dernière année par quelqu’un d’autre qu’un ou une partenaire ont dit que l’agression la plus grave avait été commise par une personne qu’elles connaissaient. Si l’on comptait les partenaires et les conjoints, cette proportion serait encore plus élevée.

MytheDans un mariage ou une relation de couple, le consentement va de soi.
Réalité

Le consentement est nécessaire chaque fois, avec tout le monde. Depuis 1983, le droit canadien permet d’accuser une personne d’avoir agressé sexuellement son conjoint ou sa conjointe.

MytheCe qu’une personne porte, ou sa façon de flirter, montre ce qu’elle veut.
Réalité

Porter certains vêtements, flirter, danser ou accepter un verre, ce n’est pas consentir à quoi que ce soit. Le consentement porte sur ce qu’une personne accepte réellement, et non sur son apparence ou sa façon d’agir.

MytheSi la personne avait bu, c’est en partie sa faute.
Réalité

La seule personne responsable d’une agression sexuelle est celle qui la commet. L’alcool peut priver une personne de sa capacité de consentir. De plus, selon la loi, une personne accusée qui a cru au consentement parce qu’elle était elle-même ivre ne peut pas invoquer cette croyance comme moyen de défense.

MytheUne fois qu’une personne a dit oui, elle ne peut plus changer d’idée.
Réalité

Le consentement peut être retiré à tout moment, y compris en cours de route. Selon le Code criminel, il n’y a pas de consentement quand une personne qui avait accepté montre ensuite, par ses paroles ou son comportement, qu’elle ne veut plus continuer.

MytheLes vraies victimes signalent l’agression tout de suite.
Réalité

La plupart des victimes ne signalent jamais l’agression à la police. Dans les enquêtes de Statistique Canada, moins de 1 agression sexuelle sur 10 commise par quelqu’un d’autre qu’un ou une partenaire a été portée à l’attention de la police. Beaucoup de personnes survivantes attendent des mois ou des années avant d’en parler à qui que ce soit, et il n’y a aucun délai pour signaler une agression sexuelle à la police.

MytheIl arrive souvent que des personnes mentent en disant avoir été agressées sexuellement.
Réalité

Les faux signalements sont peu fréquents. Une étude américaine largement citée a estimé qu’entre 2 % et 10 % des signalements sont faux. Les agressions sexuelles qui ne sont jamais signalées sont beaucoup plus nombreuses que les faux signalements.

MytheLes hommes et les garçons ne peuvent pas être agressés sexuellement.
Réalité

Ils peuvent l’être, et ils le sont. L’enquête de 2025 de Statistique Canada a révélé que 11 % des hommes au Canada ont été agressés sexuellement depuis l’âge de 15 ans. Les hommes et les garçons qui ont vécu une agression sexuelle se heurtent souvent à des obstacles supplémentaires pour être crus et trouver du soutien.

MytheCe n’est une agression sexuelle que s’il y a de la violence ou des blessures.
Réalité

La plupart des agressions sexuelles ne laissent aucune blessure visible. Selon le Code criminel, tout contact sexuel sans consentement peut constituer une agression sexuelle, des attouchements ou des baisers non désirés jusqu’au viol.

MytheSi le corps de la personne a réagi, c’est qu’elle le voulait.
Réalité

L’excitation physique peut survenir sans aucun désir ni accord. C’est une réaction automatique du corps, pas un consentement, et cela ne rend pas acceptable ce qui s’est passé.

MytheSi une personne ne se souvient pas de chaque détail, c’est qu’elle ne dit pas la vérité.
Réalité

Le traumatisme, la peur et l’alcool ont tous un effet sur la façon dont la mémoire enregistre et retrouve les souvenirs. Les trous de mémoire, la confusion ou les détails qui reviennent plus tard sont courants, et cela ne veut pas dire que la personne ment.

Sources

  1. R. c. Ewanchuk, [1999] 1 R.C.S. 330. Cour suprême du Canada, 25 février 1999.
  2. Code criminel, article 273.1 : Définition de « consentement ». Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  3. Code criminel, article 265 : Voies de fait (consentement obtenu par la force, la menace, la fraude ou l’autorité). Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  4. Code criminel, article 273.2 : Exclusion du moyen de défense fondé sur la croyance au consentement. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  5. Code criminel, article 278 : Inculpation du conjoint. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  6. Code criminel, articles 271 à 273 : Agression sexuelle. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  7. Différences entre les genres observées dans les expériences de violence et de comportements sexuels non désirés au Canada, 2025 (Juristat). Statistique Canada, Adam Cotter et Marta Burczycka, 31 mars 2026.
  8. La victimisation criminelle au Canada, 2019 (Juristat). Statistique Canada, Adam Cotter, 25 août 2021.
  9. Information for sexual assault survivors (en anglais). Gendarmerie royale du Canada.
  10. The Impact of Trauma on Adult Sexual Assault Victims (version anglaise). Ministère de la Justice Canada, 2019.
  11. False allegations of sexual assault: An analysis of ten years of reported cases (en anglais). David Lisak, Lori Gardinier, Sarah C. Nicksa et Ashley M. Cote, Violence Against Women 16(12), 2010.

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