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Intervenez quand vous êtes témoin

La plupart des gens veulent aider quand ils voient que quelque chose ne va pas. Le plus difficile, c’est de savoir quoi faire. Voici cinq façons d’intervenir en toute sécurité, et une seule suffit.

Contenu révisé en septembre 2026

Pourquoi il est important d’intervenir

Le harcèlement sexuel et la violence sexuelle se produisent souvent en présence d’autres personnes : dans les soirées et les bars, à l’école et au travail, dans le transport en commun et dans les conversations de groupe en ligne. Les proches et les témoins sont souvent les premiers à remarquer les signes avant-coureurs.

Quand quelqu’un intervient, même par un petit geste, cela peut empêcher qu’un tort soit causé et montrer à la personne ciblée qu’elle n’est pas seule. Souvent, les gens hésitent parce qu’ils pensent que quelqu’un d’autre va agir, ou parce qu’ils se demandent si c’est à eux d’intervenir. La réponse est oui. Vous n’avez pas besoin d’être héroïque. Il suffit de faire quelque chose.

Cinq façons d’intervenir

Ces options sont adaptées des « 5D » de l’intervention des témoins enseignés par l’organisme de lutte contre le harcèlement Right To Be, qui s’est inspiré des trois premiers « D » du programme Green Dot. Choisissez celle qui est la plus sûre pour vous sur le moment.

  • Distraire

    Interrompez la situation sans affronter personne. Engagez la conversation avec la personne ciblée, demandez-lui votre chemin, dites-lui que quelqu’un est venu la chercher ou renversez un verre exprès. Le but est de couper court à ce qui se passe.

    «  Hé! Je te cherchais. Tu peux me donner un coup de main?  »

  • Déléguer

    Demandez de l’aide à quelqu’un de mieux placé pour agir : une personne qui travaille au bar, à l’entrée ou à la sécurité, la personne au volant, le personnel enseignant, la gérance ou l’entourage de la personne ciblée. Si quelqu’un est en danger, composez le 9-1-1. Au Nunavut, composez les trois premiers chiffres du numéro local, suivis de 1111.

    «  La personne là-bas a l’air d’avoir besoin d’aide. Pouvez-vous aller voir si ça va?  »

  • Documenter

    Si quelqu’un d’autre aide déjà et que c’est sans danger, notez ce que vous voyez : l’heure, l’endroit, ce qui s’est passé et qui était présent. Ne filmez pas une personne dévêtue, une situation sexuelle ou une personne qui pourrait avoir moins de 18 ans : un tel enregistrement peut constituer un crime, et c’est une autre atteinte à la personne. Si vous filmez du harcèlement, gardez vos distances, demandez à la personne ciblée ce qu’elle veut qu’on fasse de l’enregistrement, et ne le publiez ni ne le partagez jamais sans sa permission.

  • Différer

    Si vous n’avez pas pu agir sur le moment, vous pouvez quand même revenir vers la personne après coup. Demandez-lui si ça va, offrez-lui de rester avec elle, de l’accompagner jusqu’à un endroit sûr ou de l’aider à trouver du soutien.

    «  J’ai vu ce qui s’est passé. Ça va? Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi?  »

  • Dire

    Si c’est sans danger, intervenez directement et dites quelque chose. Parlez calmement et en peu de mots, ne vous laissez pas entraîner dans une dispute, puis tournez-vous vers la personne ciblée.

    «  Fiche-lui la paix.  » «  Ce n’est pas correct.  » «  On t’a dit non.  »

Signes avant-coureurs à surveiller

  • Quelqu’un essaie de repartir avec une personne très ivre ou sous l’effet de la drogue, ou de l’isoler de son groupe.
  • Quelqu’un continue d’insister après avoir entendu un non, ou n’arrête pas de remplir le verre d’une autre personne.
  • Une personne semble mal à l’aise, effrayée ou figée, ou essaie sans cesse de s’éloigner.
  • Quelqu’un se fait coincer, suivre ou empêcher de partir.
  • Quelqu’un partage, ou menace de partager, une image sexuelle d’une autre personne.
  • Des blagues ou des commentaires présentent la violence sexuelle comme quelque chose de drôle ou de normal.

Intervenir en ligne

  • Ne transférez pas les images intimes partagées sans consentement, ne cliquez pas sur «  J’aime  » et ne les commentez pas. Supprimez-les.
  • Signalez la publication ou le compte à la plateforme.
  • Écrivez en privé à la personne ciblée : J’ai vu ça. Ça me désole. Veux-tu de l’aide pour le signaler?
  • Si la personne qui figure sur l’image a moins de 18 ans, signalez l’image à Cyberaide.ca.
  • Si c’est sans danger, dites quelque chose dans la conversation : Pas correct. Enlève ça.

Au Canada, partager l’image intime d’une personne sans son consentement, ou menacer de le faire, est un crime, y compris quand l’image est truquée ou générée par l’intelligence artificielle (IA). Ce que dit la loi.

Changer la culture au quotidien

Intervenir ne se limite pas aux situations d’urgence. Chaque fois que quelqu’un remet en question une blague sur les agressions sexuelles, s’oppose à la culpabilisation des victimes ou traite le consentement comme quelque chose de normal, la violence sexuelle devient un peu plus difficile à cacher.

  • Dites Ce n’est pas drôle quand une blague banalise les agressions sexuelles.
  • Contestez les commentaires qui reprochent aux personnes survivantes ce qu’elles portaient, ce qu’elles avaient bu ou ce qu’elles avaient fait.
  • Parlez du consentement avec votre entourage comme d’un sujet ordinaire.
  • Croyez les personnes qui vous confient qu’il leur est arrivé quelque chose.

Votre sécurité passe en premier

Ne vous mettez jamais en danger physiquement. Si quelqu’un court un danger immédiat, composez le 9-1-1 (au Nunavut, les trois premiers chiffres du numéro local, suivis de 1111). Intervenir à distance, en faisant diversion, en allant chercher de l’aide ou en revenant vers la personne après coup, ça compte aussi.

Si ce que vous avez vu vous rappelle ce que vous avez vous-même vécu, c’est normal, et vous aussi, vous pouvez obtenir du soutien. Trouver du soutien.

Sources

  1. Right To Be : formation à l’intervention des témoins et les « 5D » (en anglais). Right To Be.
  2. Code criminel, article 162.1 : Publication non consensuelle d’une image intime. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  3. Code criminel, article 163.1 : Matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
  4. Cyberaide.ca : la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Centre canadien de protection de l’enfance.

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