En bref
Le consentement, c’est accepter une activité sexuelle librement, clairement et au moment même. Le Code criminel du Canada le définit comme l’accord volontaire du plaignant à l’activité sexuelle
. Dans la loi, le mot « plaignant » désigne la personne qui dit avoir été agressée.
Cette courte définition en dit long. Un oui doit être véritable, et non obtenu sous la pression. Il s’applique à l’activité précise qui a lieu, avec la personne en question. Et il doit être présent du début à la fin, pas seulement au départ.
Le consentement n’est pas une simple formalité juridique. C’est la façon dont des personnes qui se respectent s’assurent qu’elles veulent toutes les deux ce qui se passe.
Les six éléments du consentement
Le consentement comporte six éléments, et les six doivent être présents en même temps. Ils décrivent le consentement que recherchent des partenaires qui se respectent. La question de savoir s’il y a eu consentement dans une affaire criminelle dépend des faits : voyez aussi comment fonctionne la loi.
Donné librement
Un oui doit être un vrai choix. Un oui n’est pas un consentement s’il vient de pressions, de menaces, de culpabilisation ou de supplications répétées, ou si quelqu’un se sert de son pouvoir sur vous. Ce n’en est pas un non plus si vous vous laissez faire parce que vous avez peur de ce qui arrivera si vous dites non.
Clair
Cherchez un oui clair, exprimé par des paroles ou des gestes qui veulent dire oui sans ambiguïté. Se taire, ne plus bouger, ne pas résister ou ne pas dire non, ce n’est pas dire oui. Dans le doute, demandez.
Précis
Accepter une chose, ce n’est pas tout accepter. Un oui pour s’embrasser n’est pas un oui pour aller plus loin. Un oui à une relation sexuelle avec un condom n’est pas un oui à une relation sexuelle sans condom.
Continu
Le consentement doit être présent du début à la fin. Tout le monde peut changer d’avis à tout moment, même en cours de route et même après avoir dit oui. Quand l’autre personne veut arrêter, vous arrêtez.
Par une personne consciente et capable
Une personne endormie, inconsciente ou trop sous l’effet de l’alcool ou de la drogue pour comprendre ce qui se passe ne peut pas consentir. On ne peut pas accepter à l’avance une activité sexuelle qui aurait lieu pendant qu’on est sans connaissance.
Par une personne en âge de consentir
Au Canada, l’âge du consentement est de 16 ans, avec des exceptions limitées pour les jeunes d’âge rapproché. Il passe à 18 ans quand la personne plus âgée est en situation d’autorité ou de confiance, quand la personne plus jeune dépend d’elle ou quand la relation comporte de l’exploitation. Comment fonctionnent les règles sur l’âge.
Comment demander
Demander n’a pas à être gênant ni formel. C’est ainsi que vous vérifiez que vous êtes deux à vouloir ce qui se passe, au début et chaque fois que les choses changent.
- Est-ce que ça te va?
- Veux-tu continuer?
- Comment te sens-tu?
- Veux-tu qu’on ralentisse?
- Qu’est-ce que tu aimerais?
- Est-ce que j’arrête?
À quoi ressemble un oui
Un oui clair, donné de bon gré : Oui.
J’en ai envie.
Continue.
Une personne qui participe activement et qui montre qu’elle veut être là. Si la personne semble hésiter, ce n’est pas encore un oui.
À quoi peut ressembler un non
Un non, ce n’est pas toujours le mot non. Considérez chacun de ces signes comme un non, ou à tout le moins comme une raison d’arrêter et de vérifier comment va l’autre personne :
Je ne sais pas.
Peut-être.
Pas maintenant.
J’ai sommeil.
- se taire, ne plus bouger ou ne pas réagir
- reculer, se détourner ou écarter une main
- pleurer, se figer ou avoir l’air d’avoir peur ou d’être mal à l’aise
- changer de sujet ou trouver une excuse
Dans le doute, arrêtez et demandez. Si la réponse n’est pas un oui clair, n’allez pas plus loin.
Quand il n’y a pas de consentement
Le Code criminel énumère des situations où il n’y a pas de consentement, peu importe les mots prononcés. Il n’y a pas de consentement quand :
- quelqu’un d’autre que la personne concernée dit oui à sa place
- la personne est inconsciente
- la personne est incapable de consentir pour toute autre raison, par exemple parce qu’elle est trop sous l’effet de l’alcool ou de la drogue pour comprendre ce qui se passe
- le oui a été obtenu en abusant d’une situation de confiance, de pouvoir ou d’autorité
- la personne dit ou montre, par ses paroles ou son comportement, qu’elle n’est pas d’accord
- la personne a d’abord accepté, puis elle dit ou montre qu’elle ne veut plus continuer
Il n’y a pas non plus de consentement quand une personne se laisse faire, ou ne résiste pas, en raison de la force, de menaces ou de la peur que la force soit employée, d’une fraude ou de l’autorité que quelqu’un exerce sur elle.
Changer d’avis
Vous pouvez dire non à tout moment, même après avoir dit oui, et même en cours de route. Vous ne devez d’explication à personne.
Si l’autre personne change d’avis
- Arrêtez tout de suite.
- Vérifiez comment elle va :
Est-ce que ça va? As-tu besoin de quelque chose?
- Ne contestez pas sa décision, ne boudez pas, ne la culpabilisez pas et n’insistez pas jusqu’à ce qu’elle cède.
- Remerciez-la de vous l’avoir dit. C’est ça, la confiance.
Dans le couple et le mariage
Une relation amoureuse, la vie commune ou le mariage ne rendent pas le consentement automatique. Depuis 1983, la loi canadienne permet qu’une personne soit accusée d’avoir agressé sexuellement son conjoint ou sa conjointe.
Un consentement passé ne vaut pas pour l’avenir. Ce qu’une personne voulait la semaine dernière, ou hier soir, ne vous dit pas ce qu’elle veut maintenant. La loi dit que le consentement doit être présent au moment où l’activité sexuelle a lieu : vérifiez donc auprès de l’autre personne chaque fois.
Alcool et drogues
Prendre un verre ne veut pas automatiquement dire qu’une personne ne peut pas consentir. Mais l’alcool et les drogues peuvent enlever à une personne sa capacité de consentir, et c’est souvent difficile à voir de l’extérieur. La Cour suprême du Canada a précisé que, pour être capable de consentir, une personne doit comprendre l’acte physique, sa nature sexuelle, avec qui elle se trouve et le fait qu’elle peut dire non.
Arrêtez si une personne a du mal à articuler, titube, vomit, est confuse, s’endort par moments ou n’arrive pas à suivre une conversation. Aidez-la plutôt à se rendre dans un endroit sûr.
Être ivre ne vous excuse pas. Selon le Code criminel, croire qu’une personne a consenti n’est pas un moyen de défense si cette croyance vient de votre propre consommation d’alcool ou de drogue.
Le consentement en ligne
Le consentement s’applique aussi aux images et aux messages.
- N’envoyez pas d’images ou de messages sexuels à une personne qui ne les a pas demandés. Envoyer du contenu sexuel non désiré, c’est ne pas tenir compte de son consentement.
- Partager l’image intime d’une personne sans son consentement est un crime, même si elle vous l’a envoyée elle-même. Menacer de la partager en est un aussi.
- Les fausses images et les images générées par l’intelligence artificielle (IA) comptent aussi. Depuis juillet 2026, la loi s’applique aux images sexuelles fabriquées d’une personne réelle qui sont susceptibles d’être confondues avec une vraie photo ou une vraie vidéo.
- La pression n’est pas un consentement. Menacer de partager les images d’une personne pour obtenir d’autres images, de l’argent ou des relations sexuelles, c’est ce qu’on appelle la sextorsion, et c’est un crime.
- Partager une image sexuelle d’une personne de moins de 18 ans est un crime grave, même si l’image a été prise par l’ado qui y figure. Si votre propre image a été partagée, ou si quelqu’un exerce des pressions sur vous, c’est à vous qu’on fait du tort : AidezMoiSVP.ca aide à faire retirer des images, et Cyberaide.ca reçoit les signalements.
Y a-t-il consentement? Six situations
Lisez chaque situation, faites-vous une idée, puis ouvrez-la pour voir la réponse.
Sam et Alex s’embrassent, et les deux en ont clairement envie. Quand Alex commence à déshabiller Sam, Sam se tait et ne bouge plus.Afficher la réponseMasquer la réponse
Pas de consentement.
Le consentement est précis et continu. Un oui pour s’embrasser n’est pas un oui pour aller plus loin, et se taire ou ne plus bouger, ce n’est pas dire oui. Alex devrait arrêter et demander.
Jordan et Riley ont eu une relation sexuelle hier soir. Ce matin, Jordan recommence alors que Riley dort encore à moitié.Afficher la réponseMasquer la réponse
Pas de consentement.
Le consentement doit exister au moment de l’activité sexuelle : le oui d’hier soir ne vaut donc pas pour ce matin. Une personne endormie ne peut pas consentir, et une personne à moitié endormie n’a pas donné un oui clair.
Priya a accepté une relation sexuelle à condition que son partenaire porte un condom. En cours de route, il l’enlève sans le lui dire.Afficher la réponseMasquer la réponse
Pas de consentement.
Le port du condom faisait partie de ce que Priya avait accepté. La Cour suprême du Canada a confirmé que, lorsqu’une personne fait du condom une condition de son consentement, une relation sexuelle sans condom est une relation sexuelle sans consentement (R. c. Kirkpatrick, 2022).
À une fête, Mia dit oui à une relation sexuelle, mais elle tient à peine debout et a du mal à articuler.Afficher la réponseMasquer la réponse
Pas de consentement.
Ses paroles ne règlent pas la question si elle ne peut pas comprendre ce qui se passe. Une personne dans cet état est fort probablement incapable de consentir : n’allez pas plus loin. La bonne chose à faire, c’est de s’assurer qu’elle est en sécurité.
Un gestionnaire dit à une employée qu’être gentille avec lui l’aiderait à obtenir une promotion. Elle se laisse faire.Afficher la réponseMasquer la réponse
Pas de consentement.
Selon le Code criminel, un oui obtenu en abusant d’une situation de confiance, de pouvoir ou d’autorité n’est pas un consentement.
Kai et Noor disent en avoir envie, se demandent souvent si tout va bien et arrêtent quand Noor dit qu’elle veut en rester là pour ce soir.Afficher la réponseMasquer la réponse
Consentement.
Voilà à quoi ressemble le consentement : clair, donné de bon gré, précis et continu, et respecté quand il prend fin.
Sources
- Code criminel, article 273.1 : Définition de « consentement ». Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Code criminel, article 273.2 : Exclusion du moyen de défense fondé sur la croyance au consentement. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Code criminel, article 265 : Voies de fait (consentement obtenu par la force, la menace, la fraude ou l’autorité). Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Code criminel, article 150.1 : Âge du consentement et exceptions fondées sur la proximité d’âge. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Code criminel, article 162.1 : Publication non consensuelle d’une image intime. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Code criminel, article 278 : Inculpation du conjoint. Site Web de la législation (Justice), gouvernement du Canada.
- Loi visant à protéger les victimes (projet de loi C-16), L.C. 2026, ch. 19. Parlement du Canada, LEGISinfo.
- R. c. Ewanchuk, [1999] 1 R.C.S. 330. Cour suprême du Canada, 25 février 1999.
- R. c. J.A., 2011 CSC 28. Cour suprême du Canada, 27 mai 2011.
- R. c. G.F., 2021 CSC 20. Cour suprême du Canada, 14 mai 2021.
- R. c. Kirkpatrick, 2022 CSC 33. Cour suprême du Canada, 29 juillet 2022.